La Pchicha (ou psissa)

 

Une coutume juive-tunisienne veut qu'on remue la Pchicha la veille du mois de Nissan.

La Pchicha ou Pchich est un mélange de blé,  pois chiches, févettes  chauffés au four et moulus avec un ajout d'épices. On  dit que chaque ville a ses habitudes, j'ajouterai  que chaque ville a sa manière de cuisiner les recettes tunisiennes et chaque ville a sa Pchicha.

J'ai vu la recette de La Pchicha des Juifs Tunisois et celle des Djerbiens.

Je vous proposerai deux recettes, l'une sfaxienne et l'autre gabésienne. Le résultat donnera deux  bonnes Pchicha tout aussi succulentes et fortifiantes : les protéines contenues dans les céréales remplacent fort bien celles des viandes diverses, avec  cette aptitude qu'elles n'incitent pas le cholestérol HDL. 

On mange la Pchicha à Tou-Bichvat la nouvelle année des arbres qui tombe le 15 Chvat, la semaine  du festin d'Ytro avec un ajout de fruits secs (et bonbons, si l'on veut).  On la remue alors à l'aide d'une clef,  symbole de la prospérité -.

 

Ingrédients pour la Pchicha sfaxienne :

  1/2   kilo de blé

165 gr de févettes décortiquées 

300 gr de pois chiches

80 gr de graines de coriandre (tabeul)

80 gr de graines d'anis (bechbèche)

20 gr de cumin

20 gr de carvi (keryilla)

1 pelure d'orange desséchée et pilée

Note : selon la recette de ma belle-mère Miha Bouhnik (zal)

 

Ingrédients de la Pchicha gabésienne

  1/2   kilo de blé

165 gr de févettes décortiquées

330 gr de pois chiches  

80 gr de graines de coriandre (tabeul)

1 verre de sorgho (drô)

1 pelure d'orange desséchée et pilée

Note : selon la recette de Rachel Allouche (zal)

PS : J'ai appris la cuisine auprès de ces deux dames. Que leurs âmes reposent en paix.

 

La Pchicha que je prépare actuellement

2 kg de blé

1 kg de  pois chiches

1 kg de févettes

400 gr de graines de coriandre

400 gr  de  graines d'anis

1 pelure d'orange desséchée et pilée

 

Préparation :

Chauffer légèrement les céréales au four, après les avoir moulues, ajouter les épices moulus préalablement.

 

Service :  

Ajouter de l'huile d'olive et mélanger. Il est possible d'ajouter une demi-mesure d'huile d'olive et une demi-mesure d'eau potable.

A Tou-Bichvat, le jour de l'"an des arbres on ajoute à ce mélange des fruits secs, dattes degla, noix etc...

 

A la veille du mois de Nissan deux semaines avant Pessah, un nouveau mélange de Pchicha : le chef de famille remue ce panachage à l'aide d'une clef, tous les membres de la famille y posent leurs doigts tandis que la maman ajoute de l'huile d'olive et papa récite une prière :  

 

Ya Tharik el Bsis

Bel meftah ibgh'ir meftah

Han âléna ya Rabbi el Fetah

Han âléna ya Moulana

Nissan hal el bibène

Ya Nissan emla el kissenne

 

Ce qui veut dire traduit du judéo-arabe :

Ô Toi qui mélange le bsisse

Avec la clef ou sans clef

Sois miséricordieux Hashem, ô toi qui nous offre la prospérité

Nissan ouvre nous les portes

Ô nissan relit nos verres

 

 

Anecdote :              

Il y a bien longtemps, mes deux jumelles aînées, élèves du cours supérieur  étaient en excursion avec leurs classes en Galilée la veille du mois de Nissan.

Leur père Camus s'était joint à elles comme vigile.

Les écolières étaient divisées en groupes de quatre afin d'acheter les provisions pour trois jours et préparer les repas ensemble.    

Ma belle-maman (zal) de son vivant ne souffrait pas qu'on ne suive les coutumes en général et celle de mélanger la Pchicha en particulier.                                

Elle a en fin de compte compris qu'on ne pourrait pas annuler une activité scolaire, mais elle a ajouté aux provisions à emporter une boite contenant de la Pchicha et un petit flacon d'huile à mélanger le soir, sans oublier une clef toute neuve enfouie dans la poudre de céréales.    

Le soir au motel, les élèves se groupent quatre par quatre dans leurs chambres pour préparer leur repas. L'une des élèves dans la chambre de mes filles remarque la boite de Pchicha, elle l'ouvre et s'exclame :

-  Ô il y a une clef dedans.

Alors en coupant les légumes mes filles encouragées par leur père, le cinquième du groupe, expliquent ce qu'est la coutume de la Pchicha et une longue conversation s'ensuit, car chaque communauté a ses coutumes. La notre est développée de long en large et en profondeur. Camus qui est du groupe parle alors de la Pchicha.Il dit :

-  On la remue alors à l'aide d'une clef - qui est le symbole de la prospérité -. En  demandant à Hashem de nous ouvrir toutes les portes, on  sous-entend, - à part la richesse et  tout le bien offert par notre Bienfaiteur -, l'ouverture de " la voie " de l'enfantement et de l'accroissement de la famille.

 

 

 

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