Sfax : là d’où viennent les grands problèmes se trouve la vraie solution.

Sur ce site, comme sur d’autres supports, sont de plus en plus évoqués ces derniers temps les douloureux problèmes de la ville de Sfax.

Si l’unanimité semble faite que "problèmes il y a", les avis diffèrent sur les causes du mal et sur les remèdes à y apporter.

Ainsi, sur la carence des services municipaux tout particulièrement, les constats et les faits rapportés sont les mêmes alors que les déductions sont divergentes sinon contradictoires ; c’est que le problème n’est pas aussi simple qu’on semble le penser.


Pour aider à mieux comprendre, Il est d’abord des faits qui méritent d’être rappelés :

- Au années 50 -déjà- on jugea que Sfax pouvait se passer d’investissements nouveaux, sous prétexte qu’elle se portait « trop bien » par rapport aux autres localités du pays. Bon gré mal gré, le prétexte fut accepté, et avec lui "un budget municipal conséquent".
- Lorsque, par l’abus sans fin du "très commode prétexte" la pénurie devint flagrante à sfax, ceux qui osèrent signaler la situation alarmante furent bâillonnés et écartés des postes de responsabilité régionale. Autrement dit, quand il a fait chaud la solution fut de casser les thermomètres. La volonté était claire et le résultat à ce jour évident.
- Les problèmes de Sfax ne se limitent pas à la défaillance -aujourd’hui flagrante- des services municipaux, abstraction faite de ses causes (budget insuffisant ou mal géré ?, incivisme du citoyen ?...). Ce problème -certes sérieux- pourrait cependant être vite résolu et même oublié, disparaître sans laisser de traces sinon les quelques mauvais souvenirs.
- Bien plus graves sont les problèmes dont les retards ne pardonnent pas et qui mettent en péril la place et le devenir de la Cité. Ce sont ceux des infrastructures de base (outils de bonne marche et de développement économique), ainsi que ceux des "équipements et services administratifs" qui garantissent une qualité de vie digne de la ville.

Par ailleurs, il est clair que :

- Il est impossible de résoudre convenablement les problèmes d’une grande Cité telle que Sfax avec un budget équivalent (en principe) à la moitié du minimum requis, même avec la meilleure contribution citoyenne et la meilleure gestion possibles, toutes deux certes déterminantes et nécessaires.
- Le déficit "tel qu’il est" ne tient pas à la défaillance du contribuable sfaxien qui n’a certainement rien à se reprocher comparativement à son compatriote des autres régions. Le déficit est "ce qu’il est" parce qu’on a refusé de le reconnaître et qu’il s’est accumulé dans le temps ; sa solution dépasse maintenant les moyens de la région.
- Pour comprendre la situation de Sfax il est nécessaire de comparer les données avec celles d’autres régions du pays, en comparant honnêtement ce qui est comparable.

Quelle que soit la part de responsabilité des uns et des autres dans la pénible situation que vit Sfax aujourd’hui, "c’est là d’où viennent les grands problèmes que se trouve la vraie solution" ; il est donc évident qu’il n’y a pas de solution possible sans l’intervention efficace et soutenue de l’Administration Centrale. En effet, c’est elle qui :

- Fixe (ou valide) les budgets régionaux.
- Désigne
ou accepte les gestionnaires (décideurs élus et autres) de ces budgets.
- Décide
des choix ou des priorités en matière d’équipements lourds et de services régionaux.
-
Identifie les problèmes de dimension nationale et veille à leur solution, selon les priorités et les besoins justifiés des régions.

Tout est en réalité question de volonté.

Mohamed ALOULOU
Sfax, 29 Août 2009

Partagez cet article !

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir