Pour Sfax, d’abord reconnaître que problème il y a.

Décidément, on n’arrête plus d’écrire et de citer les prétendues réalisations et faveurs dont aurait bénéficié la région de Sfax ces deux dernières décades.
Des articles parus un peu partout, disant "n’importe quoi" se succèdent sans relâche et se ressemblent curieusement.
On ne peut ainsi, par ce matraquage médiatique, continuer de faire abstraction des problèmes de Sfax et encore moins prétendre y avoir trouvé solution.


Pourtant, sur deux décades au moins, les faits sont là, clairs et évidents :


1) Sfax, la grande Cité à l’activité et au potentiel économiques considérables s’est retrouvée (étrangement) isolée des autres régions du pays, et de l’étranger aussi…
- L’autoroute fut retardée de 20 ans par une révision discutable des priorités.
- L’aéroport international, trop longtemps resté minuscule a vu son trafic initial dérisoire curieusement réduit, sous prétexte que la demande actuelle ne justifie pas davantage de lignes. Sur les mêmes faux arguments le nouvel aéroport semble voué au même destin ; on continue de faire semblant d’ignorer que dans un aéroport la fréquentation des lignes aériennes augmente avec la fréquence des vols.
- Le port, jadis premier du pays, sous-équipé et mal desservi, semble condamné.
- Le service ferroviaire répond de moins en moins aux besoins des usagers du Sud.

2) Les "grands projets" annoncés à grandes pompes dans divers secteurs (culturel, sportif…) ont tous été mis en veilleuse ou remplacés par des réalisations insignifiantes.
Les propositions locales pour valoriser la région (zone franche ; cité des sciences ; pôle technologique…) n’eurent jamais les échos escomptés.

3) La pollution a sévi outrageusement à Sfax sur 5 décades et, alors que depuis plus de 30 ans les citoyens demandaient son éradication, la fermeture de la NPK imminente avant 1987 fut retardée de plus de cinq ans.
- Le "Projet Taparura", réparation partielle (et retardée) du site souillé par la NPK, est présenté comme un cadeau royal offert à Sfax…, "à faire oublier le reste".
- La SIAPE continue entre temps de polluer sévèrement… en attendant !!!

4) Sfax, de loin la plus grande Cité du pays (après la Capitale) fut « d’autorité » déclassée, contestée dans ses acquis et son prestige.
- Des sièges administratifs régionaux y furent -sans gêne et sans bruit- fermés (Douanes, Tourisme,, Tunis-Air (réduite à une simple agence)…) (?).
- Radio-Sfax était appréciée (sur Ondes Moyennes) dans tout le pays et au delà des frontières ; sa portée d’émission (limitée en FM) fut sciemment réduite(?).


Le constat est troublant : tout ce qui dans la région requiert la contribution de l’Etat a longuement stagné sinon régressé, depuis l’activité économique jusqu’aux nécessités quotidiennes en passant par l’action municipale et l’environnement.
On ne pourrait décemment reprocher au secteur privé de s’investir insuffisamment à Sfax alors que les conditions de travail et la qualité de vie ne cessent de s’y détériorer ; Sfax ainsi devenue "la ville de toutes les difficultés" attire et retient de moins en moins, même ses propres enfants.

Ce n’est certainement pas au rythme des récentes mesures (certes bienvenues) que l’on pourrait redresser à Sfax une situation héritée d’une diète sévère et qui a trop duré.

 

Cette triste évidence demeure obstinément occultée, voire contestée dans sa réalité.
La situation se complique "de plus en plus" tant que tarde la solution, et la solution n’est envisageable que si on reconnaît d’abord que "problème il y a".
Persister à prétendre le contraire laisserait douter des bonnes intentions à venir.

Continuons d’espérer…

Signé : Mohamed ALOULOU
(Sfax, octobre 2008)

Nouveau Calue...

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