L’affaire de la Zone Bleue à Sfax : comment tourner la page ?

 Les citoyens de Sfax auront réagi dignement face à ce qu’on peut d’ores et déjà appeler «l’affaire de la "Zone Bleue" ».

Il serait malsain de prétendre que les Sfaxiens ne veulent pas qu’on organise la circulation et le stationnement dans leur ville ; bien au contraire, ils approuvent et adhèrent à tout projet sérieux et conçu dans l’intérêt général.

Dans cette affaire, les appréciations sur les points de détails sont certes nuancées ; mais l’unanimité est faite (chez les gens informés) pour juger absolument inacceptables les termes du contrat  récemment concédé au profit exclusif d'une Société Privée pour la gestion  et « l’exploitation » abusive de ladite « Zone Bleue ».

Faut-il rappeler que normalement la Municipalité décide sereinement et gère librement les affaires de la Cité, au nom des citoyens dont elle a le devoir de défendre les intérêts.  

Faut-il aussi rappeler que normalement aussi le Gouvernorat local représente l’Administration centrale (autorité de tutelle), et qu'il a de ce fait  la charge de veiller à ce que l’action municipale se fasse dans le strict respect de la loi et de l’intérêt public.

Dans cette triste affaire d’attribution du marché de la Zone Bleue à Sfax, il est établi que :
- La décision fut sciemment précipitée et même forcée, alors qu'elle était  à l'évidence défavorable au citoyen et contraire à l’intérêt public.  
- L’autorité de tutelle aura (pour le moins) laissé faire, et pendant trop longtemps.  

 

Il est vrai que pour le citoyen sfaxien non (ou mal) informé, "l’affaire" se limitait au début au tarif excessif du parking fixé pour le centre-ville, un préjudice flagrant contre lequel il a fermement réagi. En conséquence de ce refus, il y eut la décision de réduire de moitié ce tarif. C’est ce qui a confirmé la légitimité de la contestation et c’est ce qui fut pour l’opinion publique l’occasion de s’informer de plus en plus sur la question et de finir par découvrir la mascarade.

En fait, sous le prétexte d’organiser la circulation a été signée une « parodie de contrat » dans des circonstances et en des termes en tous points contestables :

-    1) On a accepté du premier coup l’unique offre faite, au fi des bonnes règles des marchés publics. Il n’y avait pourtant pas urgence, en cette fin de mandat municipal.
-    2) On a bradé pour un montant dérisoire un marché juteux qui devait procurer des revenus non négligeables à une Municipalité qui en a grandement besoin. Ces revenus, qui auraient dû servir à renflouer un budget municipal déjà lourdement déficitaire, auront été tout bonnement abandonnés au profit d’une société privée.
-    3) On a cédé et hypothéqué, sans aucune justification ni aucune contrepartie, le sort des parkings de "pratiquement toute la ville" pour une durée de 30 longues années. De toutes les clauses du contrat la plus scandaleuse est incontestablement celle-là et l’argument qui veut la justifier en faisant la comparaison avec le cas du marché des parkings de Tunis est absolument faux, indécent et grotesque. Tout d'abord, rien ne pousse à comparer les deux cas. Dans le cas de Tunis les contrats sont d’un autre genre et l’investissement est d’une autre nature et d’une autre dimension ; il s’agit là d’une concession  de terrains municipaux pour la constructions de parkings coûteux  qui deviendront propriété municipale au terme de la durée de ladite concecession. Cela n’a rien à voir avec le contrat  signé à Sfax, limitée à l'exploitation des parkings ; cette exploitation nécessite (relativement et comparativement) des investissements modestes et amortissables en 3 à 5ans au maximum. Alors pourquoi ce délai de 30 ans ?

On ne peut donc pas faire semblant d’ignorer l’évidence, ne pas se poser de questions et s’abstenir de réagir.
Comment ce "marché de dupes" fut-il possible et qui en sont les vrais responsables ?
Comment peut-on considérer "légalement valable" un tel contrat, ainsi conçu et conclu dans de telles conditions ?
L’enquête administrative qui aurait été déjà menée sur l’affaire a certainement tiré les justes conclusions. Les choses semblent claires et la bonne décision (radicale) ne devrait normalement pas tarder.
La sagesse et le bon sens imposent que cette triste page de l’Histoire de notre Commune soit rapidement tournée, bien entendu après avoir été entièrement et courageusement corrigée.  

Quant à nous citoyens, pourrions-nous admettre l’inadmissible engagement comme un fait accompli, à subir et supporter pour une durée de trente ans ?
Pouvons-nous accepter maintenant que le problème soit escamoté et réduit à un petit marchandage mesquin sur les tarifs de parking et sur l’étendue de la Zone bleue ?
Ce serait faire offense à notre sens civique, à notre intelligence et à notre dignité.

La parole n’est-elle pas maintenant aux citoyens ?
L’espoir nous fait parler…

Mohamed ALOULOU
Le 19/ 02 / 2010

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