SFAX vu par Pierre Dumas -1937

Dans le livre "La Tunisie" de Pierre Dumas Arthaud ,Sfax de 1937 est décrit de façon grandiloquente :

Aussi, la capitale nouvelle, la Sfax européenne, a grande allure. Vieille seulement d'une quarantaine d'années, elle est déjà vigoureuse, florissante… et n'a pas dit son dernier mot.

Dès le début, on l'a vu largement : les rues sont spacieuses, les boulevards plantés de palmiers sont bordés de hauts immeubles et les terrasses des cafés débordent bruyamment la vaste chaussée.  

Le bâtiment principal, à la fois Hôtel de Ville, Préfecture et musée, occupe un immeuble du meilleur goût avec un léger campanile d'où la vue embrasse la ville indigène et la ville européenne.
Dans cet immeuble, centre de la cité, tout est attrayant larges baies, escalier monumental, salles où l'on a très judicieusement reconstitué les mosaïques aux tons passés. Un double jardin agrémente la maison commune. Sur sa façade nord, dans un sombre feuillage, un cénotaphe aux morts de la guerre porte ses inscriptions en arabe et en français, unissant ainsi les morts tombés pour la même cause.
Sur la façade sud en avant du très confortable hôtel des Oliviers, une stèle blanche surmontée d'une mosaïque d'or confond dans un même hommage un contrôleur civil et un caïd qui, ensemble, donnèrent à cette ville son charme et fixèrent son sort.

Les autres édifices sont parfaitement bien construits dans le style mauresque, un peu prétentieux cependant. Les écoles, l'Hôtel des Postes, le Théâtre municipal, sont des monuments pratiques, propres et coquets.

Mais cette ville européenne bien caractéristique par son plan et ses belles
constructions, cette ville si joyeuse et animée n'est pas la vraie capitale. Celle-ci, la vieille cité trépidante de vie, est concentrée derrière de vieilles murailles du VIIIe ou Ixe siècle.

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