Les Figolis : nous mettions la main à la pâte !

 

 

Chaque année, environ quinze jours ou une semaine avant Pâques, c'était comme un rituel, ma mère préparait les Figolis.

Dans le courant de la matinée elle avait déjà fait bouillir les œufs dans de la Dindouna de couleur rouge et comme notre cuisine était trop exiguë, elle pétrissait la pâte sur la table de la salle à manger.

En général cela se passait le samedi ou dimanche après-midi et nous les enfants, nous nous mettions autour de la table « pour l'aider ». Nous étions cinq enfants, les plus grands : mes deux sœurs et moi voulions nous rendre utile et ainsi mettre la main à la pâte, c'était bien le cas de le dire. Nous nous installions tout autour de la table, demandant à maman ce que l'on pouvait faire. Ma mère étalait la pâte à l'aide d'un rouleau, mes deux petits frères s'amusaient avec de petits morceaux de pâte, criaient, se chamaillaient, tandis que mes deux soeurs graissaient les moules et que je plaquais ceux-ci sur la pâte en exerçant une forte pression. Nous prenions notre travail à cœur et nous étions fiers de participer à ce qui allait être une fête.

Nous travaillions à la chaîne, mes sœurs plaçaient les figolis sur un grand plateau allant au four,

Puis elles « enfonçaient » les œufs sur chaque figoli et les décoraient avec un lacet de pâte en formant une croix. Il ne restait plus qu'à les badigeonner de jaune d'œufs. Pour symboliser les yeux, nous mettions un grain de poivre. Les figolis représentaient un panier, un cœur, un lapin, une poule, une hirondelle, un poisson etc…

A présent la séquence pâtisserie était terminée, il m'arrivait d'accomplir deux ou trois voyages pour les emmener au four en faisant très attention de ne pas les renverser.

Après la cuisson ma mère les plaçait dans des corbeilles, les recouvrait d'un linge pour les ranger au dessus de l'armoire de la chambre à coucher en attendant le jour de Pâques.

Mes sœurs et moi trouvions le temps long à attendre le jour de pâques pour déguster principalement les œufs. Etant l'aîné, lorsque ma mère alla faire ses commissions à l'épicerie, je pris une chaise pour accéder à une des corbeilles, je cassais délicatement la partie supérieure des coquilles pour récupérer les oeufs, puis ni vu ni connu, je les recouvris...

Le jour j, comme il était coutume d'en offrir à la famille et aux voisins, ma mère découvrit le pot aux roses mais ne nous réprimanda point. Peut-être s'est-elle souvenue que dans sa tendre enfance, elle avait agit ainsi ? Si tel avait été le cas, ne dit-on pas que : « les chiens ne font pas des chats » !!!

 

 

Roland Delmas (Djos) - photo Aldo Catania

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