Les vérités de l'oiseau

A Sfax, à la porte de chaque commerce, à la fenêtre de chaque maison il y avait toujours une cage avec un chardonneret ou un canari, et le chant de l'oiseau rythmait la journée.

Ali qui venait d'aménager, avait acheté une cage, puis il avait mis de la glu sur une branche de laurier au jardin public et, il avait capturé un serin qui aussitôt lui dit :

- Que veux-tu de moi ? Vois mes pattes maigres, ma tête minuscule et mon corps ridicule. Que peux-tu espérer ? Je ne sais même pas chanter.
Rends-moi la liberté et je t'apprendrais trois vérités essentielles.

- Trois Vérités ?

- Oui. Ecoute moi bien. Je te dirais la première, alors que tu me tiendras encore dans ta main.
Je te dirais la deuxième quand je serais sur une branche.
Et je te dirais la troisième quand je serais en sécurité au sommet de cet eucalyptus.

- D'accord dit Ali qui était curieux de connaître ces trois vérités.
Dis-moi la première.
Alors le serin lui dit :

- Si tu perds une chose, serait-elle aussi précieuse que ta vie ! Sûrement pas, tu ne dois jamais la regretter.

Fidèle à sa parole, Ali desserra sa main et le serin se percha sur une branche de jasmin d'où il révéla la deuxième vérité :

- Si l'on te raconte une absurdité, n'y crois sous aucun prétexte avant d'en avoir eu la preuve !

L'oiseau s'envola alors jusqu'au sommet de l'eucalyptus.

Ali lui cria :

- Quelle est la troisième vérité ?

- C'est dit le serin, que j'ai dans mon corps un admirable joyau, qui pèse une sanja. Si tu m'avais gardé il serait maintenant à toi.

Ali fou de rage se laissa tomber sur le sol, il se roula dans la poussière en maudissant sa candeur, il se mordit les mains jusqu'au sang.

Alors il entendit l'oiseau qui riait. Il se releva, et demanda la raison de ce rire.

- Tu n'es qu'un fou, lui dit le serin.
Je t'ai d'abord dit de ne jamais regretter une chose perdue. Or tu regrettes ce joyau !
Je t'ai dit ensuite de ne jamais croire une absurdité.
Or je te dis que je porte en moi un joyau d'une sanja alors que je pèse moins d'un dixième de sanja … et tu le crois !
Adieu Ali, décidément tu n'es qu'un fou.

L'oiseau s'envola dans les airs et Ali, à nouveau se jeta à terre.

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