L'âne à Ali

Ceci est la transposition d’une histoire populaire à laquelle j’ai voulu ajouter un cheminement différent et une fin moralisante.
A la mort du père, l’aîné hérita  d’une maison, le cadet d’une étable, mais Ali le benjamin d’un âne.

Ali, le colporteur remercia le ciel et son père pour cet animal encore jeune et fort qui allait l’aider dans son travail.Au début, c’est l’âne qui se mit à transporter à sa place les lourds sacs de grains chez le minotier.

Avec l’argent ainsi gagné, il acheta une charrette à pneus, et la vie devint  plus agréable pour ce brave âne si fort et courageux.

Ali achetait beaucoup de nourriture pour récompenser son compagnon et le choyait.

Le travail commun commença à enrichir Ali, qui devenu adulte, décida de prendre épouse.

C’est une entremetteuse qui lui proposa une brave fille avec très peu de dote. C'est un  choix judicieux pensa t’il .

Ali se maria et combla d’amour et de cadeaux l’épouse de son cœur.

Le temps passant, elle lui donna un fils, mais les revenus n’ayant pas augmentés, entre les besoins du ménage, les cadeaux a son épouse et maintenant le fils, sur les conseils de sa femme, c’est les rations de l’âne qui devinrent plus petites, mais celui ci continuait à travailler sans se plaindre.Ayant plus de besoins et comblant sa femme de plus de bijoux, de jour en jour, les rations diminuèrent, il avait juste un peu maigri l’âne à Ali, mais il ne rechignait pas au travail.L’arrivée d’un second fils puis d’un concurrent  firent encore baisser la ration de l'Ane a Ali, et le besoin de beaux habits pour le jour de la  fête de l’Aïd, firent que le repas journalier de l’âne a Ali était devenu l’équivalent d’un bol de son.
L’âne a Ali, grappillait de ci de là, en passant au marché quelque feuilles de salades ou des carottes pour calmer sa faim grandissante, et cela lui valait des coups de bâton durement ressentis sur ses cotes devenues très apparentes.

Le train de vie de cette épouse, (si modeste au départ) et de ses dépenses excessives, firent que cette brave bête ne trouva plus rien à manger dans son écuelle plusieurs jours de suite, et Ali constatant que son âne, bien que plus faible continuait à travailler, se mit à remercier Dieu de lui avoir accordé cet animal magnifique de sobriété.Mais stupeur, consternation, un matin,  partant chercher son fidèle compagnon, Ali incrédule retrouva son âne allongé sur le sol, ne bougeant plus la queue, sans vie, mort et même bien mort.

 Ses cris de douleurs remplirent le quartier, et les mains portées a sa tète, Ali répétait a qui voulait l’entendre que son âne était mort. Mort au moment  où, il lui avait appris à travailler et à ne plus manger.
Un sage accouru par cet attroupement, ému par tant de désespoir, après avoir écouté le récit d’Ali, désigna le doigt tendu la responsable : La propre femme d’Ali.

"Comment ma femme, si belle et plantureuse, si bien habillée et pleine de bijoux, s’occupant avec tant de soins de nos nombreux enfants, de sa très belle demeure, et dirigeant ses trois femmes de ménage, aurait elle pu être responsable de ce grand malheur "lui dit Ali tout éploré.

Le sage lui répondit que cet âne, le plus grand bien que son père lui avait légué à sa mort avait été victime de la folie des grandeurs, de la cupidité de son épouse, et d’avoir ainsi voulu lui apprendre à travailler sans nourriture.

Ali réalisa un peu trop tard sa naïveté à croire ce que sa femme lui répétait tous les soirs : "Un Ane est une bête, et il faut la traiter comme tel, ça peut se passer de manger, il suffit de le lui apprendre ".
Le lendemain dans les ruelles étroites de la kasbah, les passants ne croyant pas leurs yeux virent passer un étrange convoi.
Une charrette, chargée de lourds colis, dirigée par Ali tenant à la main un grand fouet, et tirée par sa propre femme a la place de son âne défunt !
Lorsque des curieux lui posaient la question : "Pourquoi avoir harnaché ta femme a la charrette ?"

Ali répondait :
"Pour avoir fait mourir mon âne au travail, jusqu'à le priver de manger, elle travaillera ainsi, jusqu'à ce je puisse racheter un autre âne pour la remplacer, mais cet âne là, sera d’abord bien nourri, respecté et ensuite, le reste de l’argent profitera à ceux qu’il fait vivre."

 

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