La cigale et la fourmi en contes sabir imités de La Fontaine


Cette fable décrit les comportements opposés d’une cigale   paresseuse et d’une fourmi travailleuse.
La cigale a passé l’été à chanter et travailler, pendant que la fourmi mettait des provisions de côté pour passer l’hiver. L’hiver venu, la fourmi avait de quoi subvenir à ses besoins, et la cigale se trouva dépourvue. Elle vint réclamer à manger à la fourmi. Mais la fourmi lui dit « tu as bien chanté tout l’été, et bien maintenant, va danser ! »

La Fontaine veut mettre en avant le fait que la fourmi est raisonnable : elle travaille et économise ce qu’elle gagne en pensant à l’avenir, au lieu de s’amuser, chanter et rêver comme la cigale. La morale est que le travail est fondamental, et il faut savoir être prévoyant. A la fin de la fable, la cigale se retrouve dépourvue, tandis que la fourmi a tout prévu pour les jours difficiles.

Ici la fable a été dite en SABIR que certains pourront lire du premier coup et apprécier, les autres auront une traduction.


 

J’y conni one cigale qui tojor y rigole

Y chante, y fire la noce, y rire comme one folle,

Y s’amouse comme y faut

Tot l’temps y fi chaud.

Ma voilà, qui fi froid !!!

-Bor blorer t’y en a le droit

Ma, t’a riann por bouffer

Bar force ti va criver.-

Y marchi bor la rote

Y trovi one formi

Qui porti bon cascrote.

Y loui dit : «  Mon zami

Fir blizir bor priter

One p’tit  po di couscousse

Bor que j’y soui manger

Josquà  c’qui lhirb y pousse

J’y paye, barol d’onnor 

L’arjany l’antiri, pas bizoann d’avoir por. »

La formi, kif youdi,

L’argeann y prite pas. –«  Quis t’y fir, y loui di,

Quand di froid y ana pas ?

-Le jour ji chanti, bor blizir

La noui j’y suis dormir

-Ti chanti ? Bor moi ji pense

Qui millor qui ti danse. »

Morale

Li jouif y couni pas quisqui cit la mousique

Millor di bons douros, afic bon magasin

Qu’one tam-tam magnific

Qui l’embite li voisin

 

 Tentative de traduction en vers

 

Je connais une cigale qui toujours  rigole

Elle chante, elle fait la noce, elle rit comme une folle,

Elle s’amuse comme il faut

Pendant qu’il fait chaud.

Mais voilà, qu’arrive le  froid !!!

Pleurer ;  tu en as  le droit

Mais, tu n’a plus rien à bouffer

Forcément tu vas crever.

Elle marcha sur  la route

Elle rencontra une fourmi

Qui portait sur elle un  bon casse-croûte.

Elle lui dit : «  Mon amie

Je te prie de me prêter

Un  peu de couscous

Pour que je puisse manger

En attendant que l’herbe  pousse

Je rembourse, parole d’honneur

Le capital, les intérêts pas besoin d’avoir peur »

La fourmi, comme les juifs,

Ne prête pas l’argent  –«  Que faisais –tu, lui dit-elle

Quand il ne faisait pas froid ?

-Le jour je chantais, pour mon plaisir

La nuit je la passais à dormir

-Tu chantais ? Et bien moi je pense

Qu’il  est préférable que tu danses. »

Morale

Le juif ne connaît pas ce qu’est la musique

Il préfère les pièces d’or, gagnées dans un bon magasin

Que le tam-tam magnifique

Qui ennuie les voisins.

 

La référence aux juifs est surprenante et inattendue, elle pourrait laisser penser que Kadour Ben Nitram  est antisémite, or selon certains biographes l’auteur de ces vers serait lui-même juif. Il faut plutôt,  aller chercher dans la galerie des portraits schématiques et sans concession qu’il met en scène.

Partagez cet article !

Submit to FacebookSubmit to Google BookmarksSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir