Youssef Le petit chamelier de Douz

Après ce voyage entrepris au nord de la Tunisie, je ne voulais pas vous quitter sans conduire nos pas vers le sud, la naissance du  désert où pendant des siècles, de longues caravanes de nomades remontaient pour commercer avec les marchands arabes qui venaient alimenter les boutiques des commerçants de Gabès, Sfax ou Tunis.

Les grecs puis les romains se sont risqués sur ces trajectoires, ils ont descendu la Tunisie jusqu’à la Libye annexant la province grecque de Cyrénaïque en 74 av JC. Plusieurs villes furent fondées, on dit que Rome fut implantée au milieu des sables, la principale ville Leptis Magna donna même un empereur à Rome : Septime Sévère. Les Romains bien longtemps après les phéniciens et les grecs empruntèrent deux routes : l’une côtière à l’est qui passe par la ville d’El Djem l’antique Thysdrus, l’autre plus intérieure à l’ouest le long de la frontière algérienne qui fait étape dans la ville de Sbéïtla, Sufetula pour les romains. Chacune de ces deux villes abrite un joyau architectural de l’empire romain connu dans le monde entier.

Si nous poursuivons les itinéraires tracés par les romains, nous traverserons à l’est  le sahel tunisien, la ville de Sfax, puis celle de Tataouine, enfin  la ville de Gabès En replongeant au centre nous entrons dans le désert par l’oasis de Tozeur. En empruntant la voie de l’ouest, nous parvenons dans le désert rocheux et montagneux qui converge également vers Tozeur

 La ville d’El Djem est aujourd’hui une petite ville tunisienne comme il en existe de nombreuses alentour, seuls les vestiges du deuxième plus grand amphithéâtre du monde romain 30 000 spectateurs) après le colisée de Rome (45 000 spectateurs), l’ont rendue célèbre, les deux édifices sont parfaitement conservés. L’amphithéâtre d’El Djem, atteste de l’ampleur et de la magnificence de la ville de Thysdrus, mais il est malheureusement le dernier vestige de la grande cité. Sbéïtla  au contraire dispose d’un site archéologique de première importance avec des monuments en excellent état, notamment la triade capitoline qui constitue l’une des trois triades qui demeurent dans le monde. La cité est également pourvue d’un théâtre, d’un forum, de deux arcs de triomphes très bien conservés l’arc de Dioclétien et celui d’Antonin le pieux, de thermes, de rues pavées ; un véritable joyau au milieu de nulle part. La triade capitoline est en fait un temple dédié à Jupiter  le roi des dieux auquel on a adjoint le temple de  Junon déesse de la fécondité  et Minerve déesse des arts et de la guerre. Contrairement à celui de Rome qui est un temple unique à trois nefs pour figurer la triade, celui de Sufetula (Sbéïtla) est formé de trois bâtiments accolés l’un à l’autre de taille sensiblement égale. La triade capitoline, par ce  regroupement ternaire de divinités nous renvoie à ce chiffre trois qui constitue universellement à travers le temps, pour tous les hommes, le nombre fondamental. Toutes les croyances, toutes les religions connues par le monde sont fondées sur le trois.

Chez les Mayas, leur conception de l’existence est inscrite dans ce raisonnement ; pour eux il y a trois mondes le ciel, la terre et l’inframonde (le monde souterrain) dans lequel reposent les morts. Le soleil et la lune qui représentent leurs principales divinités parcourent le chemin du ciel à la terre puis à l’inframonde lorsque le soir pour l’un, le matin pour l’autre ils disparaissent sous la terre. C’est le même cheminement qu’empruntent les humains qui après leur disparition dans l’inframonde pourront regagner le ciel, leurs pyramides comportent 3x3 degrés. Pour les Chinois le trois est le nombre parfait qui place l’homme, entre l’empire céleste et la terre, La mythologie égyptienne établit aussi une triade selon le principe père (Osiris), mère (Isis) fils (Horus). Pour les hindouistes trois divinités : Brahma,Vishnu, Shiva régissent le monde, il en va de même pour le boudhisme qui consacre le triple joyau Boudha, Dharma, Sangha,  celui-ci s’appelle triatna. Les juifs évoquent la triade originelle : la terre, le peuple, le livre ; le chapelet des musulmans comporte trois fois trente trois plus trois grains et les chrétiens célèbrent la trinité (autre coïncidence Jésus est mort à trente trois ans à trois heures de l’après-midi et est ressuscité le troisième jour.

Ceci nous a sans doute éloignés de la triade capitoline de Sbéïtla qui reste pour sa rareté un sujet exceptionnel d’étude du monde romain.

Notre promenade romaine ne nous a pas détournés du chemin qui conduit au sud. Notre voyage dans le nord était fait de senteurs de fleurs d’orangers et de jasmin, des couleurs bleues du ciel et de la mer, de la finesse de l’architecture arabe, des  bruits tantôt familiers de la rue, tantôt langoureux du luth, du cosmopolitisme de l’époque coloniale. Dans le sud plus rien de tout cela : des collines de Matmata  à la grande plaine des Chotts (lacs salés), de la ‘Corbeille de Nefta’ aux  oasis de montagne de Chebika et de Tamerza, tout est différent,  tout devient plus difficile, les terres arides brulées par le soleil et le sirocco ont fait place aux jardins luxuriants, l’ocre est la couleur dominante et puis il y a le sable qui pénètre et s’insinue partout, par jour de grand vent. Et pourtant nous ne pouvons imaginer combien ce pays est attachant, ces villages accueillants et ces enfants  aimablement bruyants. Toutes ces villes, tous ces villages ont leur histoire, leurs habitants originels les berbères ont vu passer les Phéniciens, les Grecs, les Romains, les Vandales,  avant que les arabes ne s’y installent définitivement. De toutes ces villes  se détache la très religieuse Tozeur, cette ville a une histoire très ancienne, puisque dans l’Antiquité elle fut fréquentée par les Egyptiens, son nom a du reste été inspiré par la pharaonne Taousert veuve de Setih II lui-même petit fils du grand Ramses II. Tozeur est devenu un centre de commerce, d’échanges et de transactions  entre les caravaniers venus des territoires africains éloignés qui traversaient le Sahara pour vendre ivoire, pierres précieuses, fourrures de bêtes sauvages et esclaves et les marchands arabes pour leur  acheter dattes et produits manufacturés. Tozeur est aussi une ville religieuse et culturelle où l’on pratique le soufisme qui est une quête spirituelle mystique et ascétique de l’islam. Le mot arabe ‘safa’ signifie clarté, limpidité, pureté cristalline. Auparavant la ville a connu l’influence chrétienne sous l’impulsion de St Augustin d’Hippone lui-même né en Afrique d’un père romano-africain et d’une mère berbère, c’est semble-t-il sur les ruines d’une basilique chrétienne que fut construite la mosquée El Kasr. Encore aujourd’hui on a conservé de cette période un rite étonnant on baptise les enfants avant la circoncision (ce rite s’appelle le Sidi Yuba)

Si les caravaniers faisaient halte à Tozeur c’est aussi pour bénéficier de sa bienveillante et accueillante oasis. Dès l’antiquité fut mis en place un système de répartition équitable de l’eau mesurée par le ‘gadous’ (mesure hydraulique, le terme est encore employé aujourd’hui) qui vient du latin ‘cadus’ (clepsydre). La culture d’oasis est savamment articulée autour de principes simples entre les plantes qui vont chercher l’eau profondément dans la terre et celles dont les racines sont progressivement moins profondes, celles dont la lumière maximale est nécessaire et celles qui ont besoin de moins de lumière. Cette recherche conduit à une végétation à plusieurs niveaux. Très haut et au dessus de tous les végétaux on trouve les palmiers dattiers, ils prennent le soleil  et filtrent ses rayons, en même temps peu gourmands en eau leurs racines vont chercher en profondeur leur substance nourricière ; ensuite on trouve les arbustes méditerranéens : orangers, citronniers, pêchers, pommiers, abricotiers, grenadiers, à l’ombre des arbres fruitiers on cultive les céréales et les cultures maraîchères. Ce dont les habitants de ces territoires doivent se méfier c’est de la surexploitation de l’eau ; aujourd’hui il faut aller la chercher de plus en plus profond et avec des moyens mécaniques de plus en plus puissants. Tozeur est la ville du Chott El Djérid , cette étendue salée est quelquefois mouillée par les rares pluies d’hiver, cette manne du ciel est propice à la cueillette du sel. C’est aussi sur les Chotts tunisiens que l’on peut découvrir le phénomène des mirages, lorsque le ciel est limpide et que le soleil inonde l’étendue salée les visiteurs peuvent voir au loin se dessiner des villes qui n’existent pas.

Au sud-est du chott El Djérid se trouve la petite ville de Douz, son oasis a constitué pendant des décennies une halte bienfaisante et réparatrice pour les caravaniers qui se rendaient dans la grande ville de Tozeur, s’agissant de la dernière ville avant les dunes du Grand Erg Oriental (l’Erg de l’arabe  Irq qui veut dire désert de dunes fixes)  la ville est appelée ‘La Porte du Désert’ ;  c’est à Douz  que vit le jeune Youssef.

Youssef est le second fils d’une famille de bédouins berbères de six enfants. Pendant très longtemps la famille de Youssef a vécu au gré des parcours empruntés par le troupeau de dromadaires qu’elle élevait dans les plaines arides autour du Chott El Djérid. La sècheresse conduisait parfois hommes et bêtes jusqu’aux si lointaines villes de Chébica, Tamerza ou Midès . A cette époque la famille  était condamnée au nomadisme et vivait sous la tente. Aujourd’hui les parents de Youssef vivent dans une petite maison non loin de la palmeraie. Et c’est à travers les récits du grand-père qui habite avec eux, que Youssef a appris les rudiments du métier de chamelier. Enfant, Youssef suivait son père sur les pistes qui conduisaient au troupeau, celui-ci était quelque peu sédentarisé car outre les rares touffes d’herbe sèches et les feuilles d’acacia, les dromadaires de Youssef se nourrissaient, des cladodes (rameau aplati en forme de raquette) des figuiers de barbarie et de sorgho que son père faisait pousser dans l’oasis. Adolescent, Youssef aidait beaucoup son père, ils en étaient arrivés à un partage des tâches : lui s’occupait des dromadaires son père pourvoyait à leur alimentation et à celle du foyer familial sur le petit lopin de terre qu’il possédait.

Les dromadaires paissaient à quelques kilomètres de la maison, tous les jours Youssef chargeait les paniers des cladodes de figuiers, du fourrage de sorgho préparé par le père, parfois il remplissait deux sacs de graines de sorgho et partait avec les trois dromadaires, le premier lui servant de monture et les deux autres portant le chargement de nourriture pour leurs congénères.

Le troupeau était composé de deux mâles, d’une quarantaine de chamelles et d’une vingtaine de chamelons, outre le fait de nourrir son bétail Youssef devait vérifier les pieds des bêtes, les dromadaires sont des digitigrades à ce titre ils ne portent pas de sabots et bien que la peau soit épaisse, une épine peut toujours se planter sous le pied. Puis il fallait traire les chamelles, bien nourries les chamelles de Youssef donnait beaucoup de lait qui suffisait largement aux besoins des nourrissons et permettait une collecte suffisamment importante pour pouvoir le vendre au souk de Douz. Son travail ne s’arrêtait pas là, il fallait vérifier le sevrage des chamelons qui seraient vendus au marché aux bestiaux de Douz, car seuls les petits étaient utilisés pour leur viande et leur cuir. Une fois par semaine Youssef conduisait le troupeau jusqu’à Douz pour emmener ses bêtes à l’abreuvoir, c’était aussi pour lui l’occasion d’offrir à ses dromadaires leur met favori : une pâte faite de farine de sorgho et de dattes ; c’était un très bon moment pour Youssef de voir avec quel plaisir ils dégustaient leur friandise. Ces rares moments de communion parfaite entre la bête et l’homme, lui laissaient penser qu’il exerçait le plus beau métier du monde.

Un matin alors qu’il se rendait sur le lieu de pâture, Youssef ne vit pas ses bêtes, il connaissait bien chacune d’entre elle, et il pouvait les identifier de loin à la couleur de leur robe ; il eut un très mauvais pressentiment : « et si quelqu’un lui avait volé ses dromadaires ! ».  Il poursuivit encore quelques centaines de mètres, pas de troupeau, alors son cœur se mit à battre très fort. Pourtant tout le monde se connaissait à Douz, jamais personne n’avait eu à se plaindre d’un quelconque vol, et les chameliers avaient tous leur territoire ; tout au plus y-avait-il eu une confusion sur telle ou telle bête mais les litiges se réglaient rapidement et sans éclats.

Youssef revint à la maison, la mort dans l’âme annoncer la mauvaise nouvelle ; personne ne voulait croire à ce désastre. Mais au bout de quelques minutes la décision fut prise d’aller à la recherche du troupeau. Le père de Youssef alla chercher la vieille tente qui avait été gardée et soigneusement pliée et conservée comme on préserve une relique, les quelques ustensiles furent également placés dans le panier ; on chargea des vivres et des vêtements chauds, les nuits dans le désert sont froides, et les deux hommes harnachèrent les deux dromadaires de selle qui leur servaient de monture, et en chargèrent un troisième des paniers qu’ils avaient préparé.

Le père de Youssef se trouva rajeuni de quelques années lui qui avait connu enfant les transhumances des bêtes et le nomadisme de la famille, pour Youssef c’était une nouvelle aventure, partagé par le souhait pressant de retrouver son troupeau et l’excitation de l’aventure qui se présentait. Pour aller plus vite on traversa le petit Chott Sahlia, d’habitude Youssef le contournait pour préserver du sel, les pieds de ses dromadaires, et on emprunta la piste du nord qui menait à Jemnah,  distante de 27 kilomètres, alors commença le parcours habituel des grandes étendues désertiques ocres balayées par le vent à la recherche du troupeau perdu. Toute l’après-midi fut consacrée à la découverte d’indices, on inspecta les buissons pour vérifier si les rares touffes d’herbes avaient été consommées, on inspecta le sol pour tenter d’apercevoir des traces d’excréments. Le soleil déclinait et pas la moindre  trace. Il fallut se résoudre à monter la tente, la tente montée  le climat pesant n’incitait pas à allumer le feu et préparer le repas ou même le thé, tout juste Youssef se saisit d’un morceau de ‘khobz’ (pain)  très vite avalé, il s’enroula dans sa couverture et essaya de dormir le cœur lourd. Après avoir tourné et retourné dans sa tête toutes les possibilités il finit par succomber au sommeil, d’un sommeil si léger que dès l’aube, alors que le soleil n’avait pas encore fait son apparition, il était débout. Son père était déjà levé, ils se tournèrent vers l’est, vers la Mecque et ils commencèrent leur prière invoquant et appelant dieu à les aider à retrouver leurs bêtes. Ils versèrent ensuite, dans un bol en fer blanc un peu de lait de chamelle contenue dans une gourde en peau et y trempèrent leur pain. Ce maigre repas terminé on s’activa à lever le camp et on reprit la piste vers le nord, des dromadaires qui paissaient tranquillement furent aperçus, les chameliers interrogés ne purent donner d’indications on traversa l’oued El Mellaf qui était à sec  en remontant en direction de la ville de Kebili, au bord de la route ils virent un jeune dans son burnous, accroupi, qui avait devant lui des bidons en plastique rouge. Youssef connaissait bien ce type d’activité ; ce jeune revendait sans doute de l’essence de contrebande qui provenait de Libye aux rares automobilistes qui prenaient la direction du nord. Ce trafic était connu de tous et même des autorités qui fermaient les yeux. Ils demandèrent au jeune homme s’il n’avait pas vu ou entendu parler d’un troupeau de dromadaires égarés dans le secteur. Quelle ne fut pas leur surprise lorsqu’ils apprirent qu’un troupeau  de dromadaires était passé au galop dans la direction de Tembib à l’ouest de Kebili, il avait même constaté que l’un deux était blessé au cou et perdait du sang. Ils s’empressèrent de reprendre leur route en bifurquant en direction du Djerid. Soudain après une bonne heure de marche ils aperçurent à quelques trois cent mètres de la piste un troupeau à l’arrêt ; certains dromadaires avait pris la position baraquée, (accroupie), Youssef reconnut tout de suite le grand mâle qui menait en général le troupeau, ils s’approchèrent et reconnurent un bon nombre de chamelles, certaines laissaient téter leur chamelon. A première vue le troupeau lui parut plus important, il en fit part à son père qui parvint au même constat. Quelque peu éloigné du troupeau ils virent un mâle qui semblait profondément entaillé, du sang séchait sur son cou, Youssef et son père ne le connaissait pas. Tout à la joie d’avoir récupéré leur bien, ils entreprirent de revenir sur leurs pas en prenant soin de ramener tout le troupeau, y compris le mâle blessé. Le parcours du retour fut plus léger mais ils ne purent éviter une nouvelle nuit dans le désert. Cette fois les herbes sèches et le petit bois ramassés quelque temps auparavant éclairèrent la nuit de leurs flammes, comme au bon vieux temps on versa un peu d’eau dans la marmite on découpa les légumes qui vinrent rejoindre la semoule, une petite cuillère d’harissa vint parfumer et agrémenter la soupe. Jamais soupe ne parut aussi délicieuse, le père et le fils sans avoir besoin de parler communiquaient du regard, on prépara même le thé. Fatigués par les longues heures de selle, après la prière,  ils s’endormirent profondément. Le lendemain la dernière étape fut une simple formalité. Arrivés à la maison ils s’enquirent à Douz auprès des éleveurs si quelqu’un n’avait pas perdu une partie de son bétail ; ils apprirent ainsi qu’un marchand de bétail venu de la région de Tataouine au marché du jeudi avait perdu, un mâle et six chamelles. Alors tout paru plus limpide,  en effet chaque mâle dominant dirige le groupe familial composé de plusieurs chamelles et leurs chamelons. A la saison des amours la bataille entre mâles peut être extrêmement violente, pouvant entraîner la mort du vaincu,  si  on ne parvient pas à les séparer. Sans doute en passant près du champ où pâturait le troupeau de Youssef un mâle avait du percevoir les chaleurs d’une femelle et s’était approché entraînant avec lui quelques femelles ; il avait ainsi échappé à la vigilance de son propriétaire. Le reste est à mettre au crédit de la nature et sur le compte d’une histoire d’animaux qui voulaient ressembler à des hommes.

Youssef qui n’avait jamais connu le frisson de la nuit passée en plein désert sous la tente, put ainsi le lendemain partager avec son grand-père l’histoire familiale que des années de modernité avaient fini par effacer sauf dans la mémoire collective des peuples.

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