**Superstitions : Le coup d’œil

 
 

Cette histoire m'a été racontée par un ami dans une veillée. Sans doute imaginée et peut être vraie.

J’étais trois mois sans emploi et les petites annonces ne s’avéraient pas efficaces. Pourtant je ne me m’avouai pas vaincu. Essai après essai et puis encore une fois recommencé. Je revenais d’une entrevue chez un employeur qui m’avait dit :

—  L’emploi que je propose est bien modeste pour vous. Vous avez les capacités d’être directeur de banque.

—  Je ne dirais pas non à une telle proposition, répondis-je blasé.

Je me retrouvais encore une fois dans la rue désappointé. Cela devait se voir sur mon visage, car une déguéza m’arrêta en me disant :

— Vous souffrez d’un coup d’œil, mon bonhomme. Je pourrais vous aider. Offrez quelques pièces et tout ira bien. Je n’avais pas le choix et la prenant au sérieux, j’ai vidé ma poche, ce n’était pas beaucoup, 15 euros tout juste.

Le coup d’œil.

— Vous n’êtes pas sérieux, mon ami. Glissez-moi un billet ! Vous avez sûrement une carte bancaire ? Servez vous en, je vous attends sous cette arbre.
Pris dans l’envoutement de ses yeux verts, je me mit en route, et j’étais bientôt de retour avec 50 euros en poche, 25 dans mon porte feuille et 25 dans ma poche arrière.

La jeune devineresse me prit la paume de la main droite, me regarda droit dans les yeux et me dit avec un hochement de tête :

—  J’avais raison ! C’est un coup d’œil grand comme un œuf. Prend cette ficelle rouge liée dans ta main et fermes la ! Passes la cordelette dans l’autre main et tiens la bien close. Maintenant de ta main libérée, sors ton portefeuille et fais jaillir le deuxième billet de banque. Ouvres tes deux mains.

Miracle ! De ma main gauche le lien a été défait et de la droite le banque note a disparu dans les profondeurs de la blouse de la déguéza.

—  Sors le deuxième billet de ta poche révolver m’ordonna l’ensorceleuse. J’obéis à contre cœur.

—  Pourquoi fais tu cette gueule ? Vas sur le champ voir un embaucheur et tu seras recruté de suite. Mais si tu veux une place aisée, avec une bonne rémunération, et une belle pension, vas de nouveau à la banque et apportes moi des beaux billets. Je t’attends à la même place.

Je suis parti au pas de course, non à la banque mais à la quête d’un travail. Le premier patron sollicité me donna une réponse affirmative. J’ai commencé un travail pépère que je n’ai pas quitté jusqu’à la retraite. J’ai longtemps recherché la diseuse de bonne aventure pour la remercier et lui offrir un bonus, mais je ne l’ai jamais retrouvée.

— Dommage ! Je fis remarquer à mon copain, sinon tu aurais été riche comme Crésus, si tu lui avais glissé la dîme chaque mois.

Par : Camus Bouhnik

 

Publié le : dimanche 8 juillet 2007 dans Tunecity

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