Le festin raté de Léon Caméléon

 

Mon ami Léon est venu me voir le samedi soir, à l’approche des fêtes en septembre 2000...

Léon est surnommé Caméléon pour la bonne raison qu’il s’habille de couleur uniforme et change de teinte chaque jour. Comme c’est le Shabbat il est vêtu de blanc, depuis les chaussures jusqu’au chapeau qui lui couvre la tête.

Le sujet de sa visite, prendre conseil à propos d’un repas qu’il voudrait organiser a la veille de Roch Achana. C’est important, parce qu’il invite le Maire de la ville, le Grand rabbin, un footballeur connu, la rédactrice du journal local, le speaker de la radio régionale et d’autres personnages parmi les notables de la commune.

— Une seule question je veux te poser : je convie 25 personnes. Combien de plats dois-je préparer ? Je te demande conseil, car tu lis, tu explores des sites connus, tu corresponds avec pas mal de gens bien. Tu devrais savoir la réponse.

— D’après la Thora (La Loi de Moise), il est nécessaire de prendre une marge de cinq personnes. Si tu as 25 invitées, demande à ta femme de faire la cuisine pour 30. S’ils sont 20, alors préparez 24 plats. Soit une ration de plus par 5 personnes conviées.

D’après les règles de savoir vivre, un ajout de 15 a 20% sera utile pour le cas où arrivent des invites inattendus.

Le grand jour arrive, mais Léon, en réfléchissant à son problème de cuisine, arrive à la conclusion que pour ne pas jeter de la nourriture par la suite, il vaudrait mieux restreindre le nombre de mets. Il se dit que souvent il y a des cas de force majeure qui contraignent les convives à se défaire de leurs invitations. Mais n’arrivant pas à trouver le chiffre exact de plats, il décide de commander 24 repas au lieu de 25.

Ô surprise ! Tous les 25 sont la. Léon s’affaire à la cuisine, il compte les rations et trouve que son épouse en a mijoté 25, mais il manque une tête d’artichaut farcie, lui-même ayant compté ces légumes au marché. Bah ! Personne n’y fera attention.

Un des hôtes voit qu’il n’a pas reçut le légume qu’il préfère et il en demande. Léon ne veut pas attirer l’attention de ses hôtes importants, chuchote quelque chose à l’oreille du dîneur, et pour le compenser, il lui offre une invitation a un match de basket-ball, ce qui a pour effet de vexer son convié privé d’artichaut.

Les autres sont amusés par la scène et sourient sous cape. Le frustré jouant à son insu le rôle d’idiot, quitte la table, s’excuse auprès de tout le monde et s’en va. La bonne humeur disparaît et chacun se mêle à donner des conseils à Léon, pour l’avenir.

Léon est venu me trouver le lendemain et il ma confié que son festin a échoué a cause d’une tête d’artichaut qui manquait.

— Je te demande pardon, je ne t’ai pas écouté pour la bonne raison, que tu as parlé de la Thora. Que vient faire La Bible la dedans ?

— Moi aussi je m’excuse, j’aurais dû te donner des explications supplémentaires. Quand Le Roi David a invité son Etat Major à un dîner, il savait que 25 étaient présents dans la ville, mais il a pris en ligne de compte que d’autres pourraient arriver à la dernière minute, et cela les aurait vexés, de ne pas être de la fête.

Et que faisait Maman quand elle invitait les fidèles de la synagogue pour le Hatan Thora a Simhat Thora. Elle ne savait pas si elle aurait 20 convives ou trente. Elle sortait les grandes marmites, c’est tout.

Excuse moi Léon de radoter sur ton compte. A Roch Achana il faut demander pardon de ses amis, alors je te demande pardon, même si tu n’existes que dans mes récits.

 

Par Camus Bouhnik

jeudi 29 septembre 2005

 

 

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