L'immeuble Mattéi - Sfax

 

Nous disions tous « Maison ».  Notre « Maison Mattei », chère  aux cœurs de ceux qui y sont nés et ceux qui l'ont habitée. Sur le fronton de l'immeuble, il est indiqué 1910.

La Maison Mattei, avenue de Pic ville, s'élevait sur deux étages – ce sont les tours qui paraissaient impressionnantes -  En fait elles le sont, vues de l'intérieur -  C'est parce que nous étions petits, que le plafond nous paraissait vertigineux, semblable à celui d'une cathédrale ; une autre tour servait de garçonnière à un célibataire chanceux. Une tour avait la dimension d'un « quatre pièce » qu'elle surplombait. Des buanderies  le long des deux tours.

Les ouvertures rondes : il s'agit d'œils-de-bœuf, terme d'architecture (dico) qui désigne une lucarne, très jolie dans mes souvenirs (verre et fer forgé).

L'une des tours était occupée par le gardien. Nous allions boire en cachette du thé rouge aux amandes grillées, que sa mère nous offrait lorsque nous ne faisions pas de bruit sur la terrasse.

Mme Roque, la gardienne du rez-de-chaussée, était pour nous le gendarme de l'immeuble. Elle faisait régner le silence pendant les heures de sieste en été et ne laissait pas entrer n'importe qui dans l'immeuble.

Son mari, Mr Roque, un brave homme était un excellent bourrelier ;  il avait les yeux et les paupières très rouges tellement il forçait dans son travail.

Un ancien légionnaire passait la plupart de son  temps, devant l'entrée de l'immeuble MATTEI adossé à la partie du mur située entre l'entrée de l'immeuble et celle du débit de tabac. Sa distraction favorite était de lier conversation avec les locataires de l'immeuble ou les clients du débit de tabac.

Ce gentil légionnaire, grand blessé de guerre, avait reçu un éclat d'obus à une fesse et ne pouvait en aucun cas retenir les nombreuses flatulences qui se manifestaient fréquemment et bruyamment durant la journée. Je me souviens que l'un de mes passe-temps favori était d’observer les réactions des personnes qui étaient confrontées pour la première fois à cette situation car il ne prenait pas la peine de s'excuser ou d'expliquer le pourquoi de la "chose",  laissant à ceux qui savaient le soin d'informer discrètement les gens surpris.

Malgré ce fâcheux handicap tout le monde avait un profond respect pour ce légionnaire très sympathique.

    

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