L'école italienne

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L'école italienne était située au milieu d'un bloc, entre  le cinéma Rex au nord, et un terrain vague au sud. Elle se composait en fait, d'une école de garçons et d'une école de filles : c'est pour cela que les cartes postales utilisent souvent le nom d'écoles italiennes.

La discipline y était très stricte et en dehors des cours, il y avait avant guerre des séances de gymnastique très para-militaires avec défilés et chants.

avant 1920 : gymnastique

 

Voici une description de cette école par Moise Bouhnick :

L’Ecole Italienne occupait une grande bâtisse, rue Massicault.
Elle recevait des enfants depuis leur premier âge et même avant 4 ans. L'éducation y était différente de celle des écoles françaises où la laïcité dominait,alors qu'à l'Ecole Italienne, l'aspect religieux n'était pas négligé, bien au contraire (il y avait une grande croix dans chaque classe).


Les instituteurs venaient pour la plupart d'Italie, et les institutrices, des rangs de l'école des Soeurs de la Place Lavigerie. Cette école était réputée pour son degré d'instruction supérieur et, pour cette raison, était fréquentée même par des non-italiens et des non-catholiques.
Le soir, il y avait des cours d'italien, suivis par des élèves adultes de toutes origines. Nous étions nombreux à suivre ces cours ; tout y était gratuit : cahiers, crayons, livres, etc.
Lors de la guerre de l'Italie contre l'Abyssinie, en 1936, on inscrivit sur la façade de l'Ecole Italienne le nom "Addis-Abeba". Cette guerre provoqua le départ de plusieurs jeunes Italiens, qui s'engagèrent dans l'armée italienne.A noter, pour la moralité, que quelques années plus tard, l'inscription "Addis-Abeba" changea, je ne sais comment, en "Addio-Abeba ".

avant 1940

Attenant à l'Ecole Italienne, il y avait un grand terrain de sport ,avec tous les agrès et autres instruments de gymnastique. Dans les années 1930-35, nous y allions aussi l'après-midi, et, sous la direction de Xavier Scotto, nous nous exercions à grimper à la corde, et à des mouvements à la barre fixe et aux barres parallèles.
"La Caprera" était une société sportive italienne qui avait plusieurs branches : athlétisme et surtout football. On surnommait l'équipe de foot les "azzuri".
Sur le stade de la "Sfaxienne" (bien avant le stade du Jardin public) se déroulaient des matches entre la "Caprera" et le "Club Tunisien", ou le "Sion-Club", qui souvent se terminaient par des bagarres. Quand le miracle arrivait, et que la "Caprera" gagnait, c'était un défilé victorieux dans les rues avoisinantes, surtout à Picville, avec accompagnement bruyant sur des bidons vides, casseroles et autres "instruments", au milieu d'une foule enflammée...

avant 1920 : La Caprera 

Les écoles n'ont pas résisté aux bombardements de la deuxième guerre mondiale,et  elles ne furent pas réouvertes à l'issue.
Sur le terrain de l'ancienne école italienne une bombe de la dernière guerre qui n'avait pas éxplosé, a été découverte plusieurs années après la fin du conflit.
Ce terrain est resté longtemps nu et exploité comme parking, appartenait à l'Education Nationale et la Municipalité avait voulu le récupérer pour en faire un parking à étages.
En fait il fut mis aux enchères et vendu à un promoteur immobilier qui en a fait un immeuble, essentiellement à usage de commerces et bureaux.

 

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