La peur de ma vie

 

 Moi j’ai connu la peur de ma vie à l’âge de quinze ans.

J’étais en colonie de vacances à Aïn-Draham. Le directeur du camp, Meyer m’a envoyé a Tunis pour faire quelques commissions :

Accompagner un jeune Sfaxien a la gare de Tunis et le mettre dans le train de Sfax.

Acheter un appareil photographique.

Louer deux tentes pour dix personnes chacune.

J’avais terminé ma mission vendredi vers midi et devais me rendre au campement le lendemain en prenant le bus a 5 heures trente à l’aube.

Je n’avais pas de montre et c’était embêtant. Je dormais dans le local du mouvement Dror tout près du marché, du coté de l’avenue de Paris. Je me suis mis au lit m’endormis.

Après une heure de sommeil, je me suis réveillé, levé, sorti, relevant le rideau de fer roulant avec un bruit fracassant, je l’ai refermé et tourné la clef dans le cadenas. Je devais me rendre compte de l’heure qu’il était.

Mon voisin Abora

 

Mon voisin Abora était d’origine Maltaise, mais il parlait couramment la langue Arabe Tunisienne, le Judéo Arabe aussi. Abora tenait dans une grande maison un troupeau de chèvres qu’il nourrissait bien, et qui le nourrissaient de même, et plus encore.

Il était toujours habillé en bleu de chauffe et coiffé d’une petite chéchia rouge. Il avait une petite taille, mais sa langue était beaucoup plus développée. Chaque matin, il sortait son troupeau et vendait son lait pétillant, et en même temps, il cherchait un terrain ou l’herbe poussait en abondance, plus ou moins. Vers le coup de 13 ou 14 heures, les repas s’intervertissaient, le bétail retournait dans sa cour et le patron cassait sa croûte.

La libération de Sfax (Ou le bon côté de la guerre)

Je ne l'ai pas vécue (je n'existais pas encore), hélas, car j'aurais voulu la vivre. J'aurais enduré les bombardements, l'inconfort et la précarité des refuges, le rationnement, la peur, pour vivre la libération. La guerre a du bon; le bon de la guerre, c'est sa fin, le retour de la paix. C'est la guerre qui donne tout son sens au mot paix - et à la chose ! Sans la guerre, la paix ne serait qu'un vain mot. J'aurais voulu vivre la libération, la fin de la guerre, pour apprécier ce bien si précieux dont nous oublions malheureusement le prix dès que la guerre s'éloigne. Si la guerre a une utilité, c'est bien celle-là : nous faire (ré)apprécier la paix.

Mr Pace Gian Battista : entrepreneur en maçonnerie à Sfax

 

Voici une photo que notre ami Moncef Ben Salah m’envoyait il y a quelques jours, et ce qui m’a interpellé, c’est que ce monsieur PACE « aurait construit la municipalité, d’après Marie Thérèse Di Bartolo » , une descendante ? Pourquoi pas !