Les meilleures années de notre vie

 

Maintenant que je viens d’entamer le chemin qui aboutira à la fin de mon parcours, très grande est ma nostalgie pour ma terre natale, un petit village en Afrique, en Tunisie, notre grand  petit  kram.

Plusieurs drapeaux flottaient au vent et nous etions tous amis, on parlait des langues différentes et nous n’avions pas d’énnemis. Parfums de jasmin et de mer, par les fenetres ouvertes plusieurs sons et odeurs arrivaient, odeur de sauce tomate et une chanson de Claudio Villa, de poissons grillés et un succès d’Errico Macias, de couscous et un son de musique éthnique. Je sens encore sur ma peau le vent chaud du désert  qui caressait les maisons blanches et les minarets, le chant du coq, l’appel d’un marchand ambulant, le bruit d’une charrette tirée par un cheval dont la crinière jouait avec le vent. Souvenirs d’une course sur les près chassant les libéllules, quelques coups de pied a un ballon, une partie de boules et le bain de minuit sous un ciel étoilé. Meme qui était pauvre, était riche dans l’ame, quelques francs dans la poche nous étaient suffisants, une partie au pikfoout ou au flipper, une glace chez Alfred, ou un casse-croute chez Noel, un film au Cinevog, le meme train tous les jours avec les copains en grignotant quelques glibettes, et le dimanche tous a la plage, bronzés comme des Brésiliens, pour regarder ceux qui arrivaient de Tunis, tous blancs et  pelés.

Si on voulait passer un kif on allait à la Goulette, deux briks quatre merguezs ou un poisson complet et c’était le maximum, maintenant on va a la recherche du restaurant chic qui coute la peau du cul et on sort le ventre vide. Aujourd’hui le matin, on va au bar, un capucin et une brioche, avant c’était un beau beignet cuit dans de l’huile noire et servi dans du papier journal ou le pain chaud de Gambicchia avec huile et tomate, et le soir le poisson frais des pécheurs de la loukela. Maintenant nous avons toutes les commodités, la baignoire avec massages et douche, avant en hiver on se lavait dans la grande bassine et en été avec l’eau du tuyau en caoutchouc sur la terrasse. Et quoi dire du frigidaire, jadis il y avait la gargoulette et la bassine avec la glace qui fondait avant le soir, aujourd’hui nous avons les fourneaux a gaz avec plusieurs feux et le four micro-ondes, chez moi c’était le primus, un seul, le meilleur avait la tete silencieuse, maintenant nous avons le chauffage central, avant c’etait la bouillotte sous les couvertures avec un bon livre a lire et… bonne nuit. Aux bons vieux temps en famille, a table on parlait, actuellement non, il y a le journal télévisé et après le repas chacun dans sa chambre pour voir un programme diffèrent. On ne parle plus, meme pas au téléphone, on envoie des messages. Voilà l’ère moderne, l’ère  des produits aux saveurs artificielles, tant que si tu lis les étiquettes, ça ressemble à la composition d’un médicament. On court toujours, le métro, le bus, la voiture, les factures à payer, mille choses à se rappeler, la banque,  la tete pleine de numéros, et le temps qui nous manque, ce temps qui se dérobe sans qu’on s’en aperçoive.

Si je devrais faire un bilan de mes deux vies, je n’hésiterais pas à choisir la première, peut- etre parce-que je n’ai plus personne avec qui parler de mes souvenirs. Je me sens comme un arbre sans racines, une barque sans la mer, un sein sans enfant à allaiter. Si une fée viendrait et me demanderait d’exprimer un désir, le lui demanderais  de retourner enfant  pour revivre une journée avec les copains d’avant dans notre cher Kram. Malheureusement on ne peut pas retourner en arrière, il ne me reste plus que de vivre de souvenirs, souvenirs comme des pétales de rose conservés entre les pages d’un vieux livre poussiéreux , sans pour cela  manquer de  remercier Dieu, qui m’a aidé a trouver le bon chemin à Rome.

 

Traduction  de: I migliori anni della nostra vita.

 Rome, 24- 05-2009

Partagez cet article !

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir