La danse du diable

Je ne sais plus pourquoi, j’ai repris mon  petit Larousse  et j’ai retrouvé au milieu des pages, une photo jaunie de ma petite sœur ; j’ai tout de suite pensé à vous.

-  la photo de votre sœur, lorsqu’elle était petite, me fait penser à un personnage étrange et mystérieux qui effrayait les enfants surtout les petites filles. On l’appelait le Boussadia, savez-vous d’où venait-il et connaissez-vous la légende qui le suivait ?

L’esclavage en terre d’islam est un sujet tabou. Lorsque l’islam prend naissance, l’esclavage existe partout dans la plaine arabique, il est très largement répandu, non seulement dans les tribus de bédouins, mais également dans les villes où vivent les sédentaires. Une idée reçue voudrait que l’esclavagisme n’a été pratiqué que par les chrétiens et banni par le prophète. Cette affirmation trouve naissance dans un propos de Mahomet qui déclare : «  je serai l’adversaire de celui qui asservit un homme libre, qui le vend pour avoir de l’argent ». Mais en fait l’esclavage sévit tout au long du Moyen-âge et dans les années qui suivirent ; il revêt sans doute, en terre d’islam, un caractère différent par rapport au monde grec ou romain ou plus tard chrétien, il n’en reste pas moins une pratique qui s’est poursuivie, dans le monde arabe jusqu’en 1846 en Tunisie, année où un décret beylical finit par le supprimer et partout dans les pays du golfe arabique jusqu’au 20ième siècle, il ne sera aboli en Arabie Saoudite qu’en 1970

La Tunisie a une longue histoire qui la lie à l’esclavage. On connait plusieurs types d’esclavage: celui venu d’Afrique noire et pratiqué par les caravaniers remontant le désert, il y a un esclavage venue d’Asie et notamment les caucasiens dont le Général Kheireddine en est le digne exemple, qui étaient d’abord vendus aux sultans ottomans puis revendus en Afrique du Nord et l’esclavage venu des actes de piraterie qui sévissaient sur tout le bassin méditerranéen celui-ci touchait de nombreux chrétiens qui une fois vendus en Tunisie ou dans le Maghreb se convertissaient à l’islam pour échapper à leur condition (malgré la parole de Mahomet l’esclavage s’appliquait aussi aux musulmans, mais de nombreux maîtres libéraient les esclaves pour peu qu’ils se convertissent).

Tunis avait son souk aux esclaves, dont l’activité journalière était extrêmement importante. Les descendants d’esclaves d’origine africaine, avait conservé de leurs lointaines contrées des danses et des musiques pratiquées par un personnage aussi surprenant que mystérieux : le Boussadia.

Le Boussadia (l’orthographe Boussaâdiah est également admise) est un personnage mythique du folklore  populaire tunisien ; danseur et musicien de rues, mi saltimbanque mi sorcier ou griot, il évoque par sa gestuelle et sa musique les danses populaires d’Afrique noire.

Vivant d’une mendicité déguisée, on pouvait le rencontrer dans les rues, les places, les marchés, là où de nombreux passants étaient susceptibles de s’arrêter et de regarder, un peu amusés pour les adultes, un peu terrorisés pour les enfants, ses gestes apparemment ridicules et pourtant si bien coordonnés.

Son costume varie selon le type de spectacle qu’il souhaite offrir. En général sur le visage il porte un masque de cuir qui ne laisse apparaître que les yeux, comme si la partie du corps qui peut exprimer nos sentiments et nos pensées doit être cachée pour ne laisser qu’un seul signe d’humanité à travers la mobilité des yeux. Il porte un bonnet conique très pointu et très grand prolongeant virtuellement, par un lien invisible le monde réel au  monde imaginaire ou surnaturel. Le Boussadia porte une longue robe couverte de haillons, ces lanières de tissu multicolore cousues en bandelettes pendantes figurent des peaux d’animaux donnant à ce voyageur venu de nulle part une grande proximité avec le monde animal et la nature. Parfois des objets métalliques pendent de ses haillons, on les entend cliqueter lorsqu’il entreprend des danses burlesques, faites de tourbillons et d’immobilisation soudaines. Il s’accompagne de petites cymbales de cuivre ou de fer et parfois d’un tambourin qui rythme ses danses.

On raconte de nombreuses légendes sur ce personnage énigmatique. La plus répandue voudrait que le Boussadia représente un père dont la fille nommée Saadia aurait été enlevée et vendue comme esclave. Il va ainsi de rues en rues, de places en places, de villages en villages pour divertir les enfants, dans l’espoir de découvrir sa fille parmi les jeunes spectateurs. De nombreuses mères pour exorciser le mauvais sort, et afin de ne jamais connaître une telle infortune, donnaient de la semoule à leurs jeunes enfants ceux-ci la versaient dans l’outre en peau de chèvre qu’il portait solidement  attachée à la ceinture.

Une autre légende raconte que le Boussadia recherche les filles qui ont un point rouge dans l’œil ; c’était la terreur chez les fillettes qui se regardaient toutes dans la glace pour chercher le point rouge.

On racontait aussi que Boussadia avait un autre nom, en arabe ‘sarak bou kloud’ qui signifie ‘voleur de cœur’ et qu’il volait les enfants pour leur prendre leur cœur.

Enfants, nous avons tous assisté aux spectacles de Boussadia, morts de trouille nous restions cependant plantés là, à rire de ses gestes saccadés et comiques, mais d’un rire craintif, lorsque faisant un tour sur lui-même il s’approchait du groupe d’enfants du premier rang c’était la débandade ; les adultes affranchis de toutes les légendes riaient de bon cœur.

Pourtant dans ces attitudes, ces moments d’immobilisation où les yeux vous transperçaient jusqu’au plus profond de vous-même, j’ai cru lire une profonde détresse, je n’ai sans doute pas été le seul, car le numéro terminé, les parents donnaient souvent une pièce à leurs enfants qu’ils allaient déposer au creux de la cymbale renversée.

Aujourd’hui ce personnage secret et mystérieux semble avoir disparu des rues de Tunis et des autres villes tunisiennes. En France les petits garçons et les petites filles croient de moins en moins au père Noël, les contes de Perrault et de Grimm font de moins en moins rêver nos enfants, et les romans de Jules Verne sont devenus réalité.

 

Moncef habitait la médina,  non loin du marché aux esclaves, dans lequel  son grand-père avait été vendu après une de ces terribles razzias pratiquées dans son village natal près de Tombouctou. Il avait seulement 20 ans lorsqu’à la suite d’une guerre entre tribus, il avait été fait prisonnier et vendu à un groupe de caravaniers. Après bien des jours de marche, lui et de nombreux autres villageois furent triés et revendus au Grand Marché aux esclaves de Ghadamès (en Lybie).

Un autre groupe de caravaniers arabes l’acheta et repris une longue marche jusqu’à Tunis. C’est là dans la médina au Marché aux esclaves de Tunis qu’il fut vendu à une princesse beylicale. Moncef connaissait parfaitement le grand bâtiment et sa cour à arcades sous lequel s’entassaient ces pauvres malheureux. Du haut du grand escalier central, un homme à la voix forte lançait les enchères. Dès l’achat réalisé, on remettait l’esclave à l’acheteur. Le grand père de Moncef fut donc employé aux tâches ménagères dans la grande maison de la princesse, après  vingt ans de loyaux services la princesse mourut ; les plus fidèles serviteurs furent affranchis. C’est ainsi que le père de Moncef naquit et vécu en citoyen libre. De cette douloureuse histoire Moncef en garda une trace indélébile : il devint excessivement méfiant à l’égard des autres,  et  il garda la marque du pays de ses ancêtres, Le Mali : la peau noire.

Il y avait en Tunisie une population noire peu nombreuse, mais très bien intégrée. Tous descendants d’esclaves africains ;  à l’origine animistes leurs parents s’étaient convertis à l’islam. Cependant ils n’occupaient pas de postes  importants et n’exerçaient aucune fonction officielle. C’est donc vers ce qu’on appelle aujourd’hui ‘les petits boulots’ que se tournait cette population : ils étaient portefaix au marché, parfois ‘homme de peine’ auprès d’un maçon, ou alors conducteur de charrette et pour ceux qui avaient le goût du spectacle : Boussadia ou musiciens.

Le père de Moncef avait travaillé toute sa vie au marché, il portait des caisses de marchandises qui l’avaient marqué physiquement pour un très maigre salaire, tout au plus le seul vrai avantage dont il bénéficiait, était celui de pouvoir se procurer gratuitement, des légumes et des fruits pour nourrir la famille.

Enfant, Moncef était un garçon vif et intelligent, à l’école franco-arabe il avait appris à lire le coran, il était le seul de la famille à pouvoir lire l’Arabe et un tout petit peu le Français, mais c’était suffisant pour la vie courante. Tout en respectant les traditions familiales, son caractère indépendant le conduisait à se distinguer de ses frères et sœurs. Son plus grand plaisir était de descendre de la médina et de déambuler attentif au spectacle de la rue. Il suivait parfois les musiciens de rue ou le Boussadia et ne perdait rien de leurs gestes, de leurs manières, de leur savoir-faire. Un jour en se promenant il crut reconnaître l’un de ces  musiciens, il l’interpela et il put ainsi engager une conversation avec lui. Moncef lui raconta qu’il aurait bien aimé comme lui jouer de la musique et  danser. Sans le dissuader l’homme lui fit part de la difficulté de l’entreprise. Il lui proposa néanmoins de le revoir et lui donna rendez-vous pour le lendemain dans un café maure non loin de la place Halfaouine. Le lendemain après-midi, Moncef, ponctuel se rendit jusqu’à Halfaouine, le musicien qui était également noir lui montra dans une petite salle une sorte de castelet et lui dit que le propriétaire du café pour attirer les clients, animait le soir un théâtre de marionnettes, or pour assurer son spectacle il avait besoin d’un complice qui devait lui passer les personnages et faire quelques  bruits pour rendre le spectacle plus vivant. Or le jeune qui assurait cette mission devait se rendre à Sfax où son père venait de trouver du travail, l’occasion était belle, Moncef sans consulter ses parents accepta ; pour la peine on lui promit quelques pièces et le droit de boire une limonade de temps en temps. Il rentra chez lui le cœur en joie et fit part de son nouveau travail à son père ; celui-ci fronça les sourcils et prit la mine sombre et renfrognée de quelqu’un qui vient d’apprendre une mauvaise nouvelle, puis il donna toutes les raisons qui montraient que c’était une mauvaise idée et qu’à son âge il valait mieux qu’il trouve un travail au souk ou au marché parce qu’il serait ainsi assuré de manger toujours un morceau de pain. Mais rien n’y fit, Moncef avait depuis longtemps décidé de devenir artiste et tant pis s’il fallait commencer par passer des marionnettes. Le café Ben Tahar, vu de l’extérieur ne payait pas de mine, aux beaux jours on  déployait quelques tables sur une terrasse particulièrement étroite. L’intérieur était plus spacieux, mais meublé sobrement : à côté de la salle principale il y avait une autre salle où était installé le théâtre de marionnettes ; une douzaine de chaises bien fatiguées était rangées pour le spectacle.

.La Tunisie avait une longue tradition du spectacle de marionnettes. Les tous premiers spectacles mettaient en scène des figurines venues d’Orient. Mais c’est avec l’arrivée des Siciliens que le théâtre de marionnettes prit son essor. Ils développèrent leur fameux ‘opera dei pupi’ qui raconte les exploits du chevalier Roland face aux infidèles à Roncevaux. La passion sicilienne pour les aventures de Roland leur vient des longues périodes de domination normande sur l’île. Plusieurs théâtres de marionnettes avaient vu le jour, et le public petit à petit s’était diversifié : et même s’ils ne comprenaient rien à l’Italien ou au Sicilien,  les Français, les Arabes, les Juifs, étaient assidus à ces spectacles où l’on retrouvait ‘Orlando furioso’ (Roland), le félon Ganelon et le petit chat malin, Verticchio à qui on faisait  les tours les plus pendables, mais qui savait redresser toutes les situations et retombait comme tous les chats du monde sur ses pattes. Le marionnettiste s’appelait ‘un pupazzaro’ (dérivé du mot ‘pupa’ : marionnette);  une histoire suave se racontait à Tunis à son propos. Un jour qu’il magnifiait un récit où Roland faisait face aux Sarrazins il déclara dans son emportement: «  Roland prit son épée Durandal et tua d’un seul coup trente trois infidèles », la salle protesta et lui dit : « baisse un peu le nombre, ça fait trop », imperturbable le ‘pupazzaro’ reprit « Roland pris son épée Durandal et tua vint cinq infidèles » ; le chahut repris de plus belle, le ‘pupazzaro’ dépité se tourna vers la salle et dit : « vous n’avez qu’à le dire vous-même le nombre », il reprit sa phrase « Roland prit son épée Durandal et tua…….. » , il marqua un arrêt et la salle reprit en chœur : « trois infidèles ».

Ce théâtre était si populaire qu’un théâtre s’ouvrit dans le café maure de la place Halfaouine, les marionnettes siciliennes étaient transportées et servaient aux marionnettistes tunisiens qui s’exprimaient en arabe et célébraient les exploits des combattants arabes contre les croisés. Ainsi s’était développé tout un contexte qui célébrait le courage, la vaillance et l’énergie de la nation arabe face à l’envahisseur chrétien. Ce théâtre devint très populaire au point qu’il effraya les autorités françaises qui l’interdirent sauf pendant les fêtes de ramadan.

Mais ce qui faisait l’originalité de ce théâtre c’est qu’il avait adopté le personnage le plus connu du monde oriental et arabe : Karakouz. Ce personnage venait de la tradition turque et ottomane, mais contrairement aux ‘pupi’ c’était un théâtre d’ombres, les figurines étaient dessinées et découpées dans le modèle du costume turc : pantalon bouffant et fez ottoman ; le héros principal était Karakouz, il avait un complice Hachiwaz personnage gauche et hideux, ils formaient ensemble un couple de joyeux lurons. Karakouz était le polichinelle musulman, comme le guignol lyonnais il avait une liberté de ton telle qu’il pouvait reprendre toutes les rumeurs, les petites histoires, les dérisions mais aussi les poncifs sur les femmes qui se murmuraient de la médina à la kasbah. Les propos des personnages étaient ponctués par le rythme  de la Derbouka qui venait couvrir les rires des spectateurs. Karakouz était si célèbre qu’il avait franchi les frontières de la langue arabe et était devenu une sorte d’archétype pour la manière de s’habiller, de parler, de se comporter.

C’est ce Karakouz que Moncef devait contribuer à faire vivre. Petit à petit il avait appris la technique du mouvement des figurines, il connaissait tous les textes de base qui constituaient l’architecture des récits, il savait aussi que tous les jours il fallait apporter des anecdotes, des indiscrétions des faits divers bref tout ce qui bruissait dans les ateliers des souks et dans les rues de la ville européenne. Moncef n’avait pas son pareil pour rapporter à son maître le bon mot, la bonne histoire tout ce qui allait alimenter le débit improvisé mais continu de la parole du marionnettiste. Cela faisait huit mois que Moncef était voué à son occupation lorsque le propriétaire et acteur du théâtre resta alité, il demanda à Moncef d’ouvrir le café et s’il s’en sentait le courage d’animer le théâtre de marionnettes.

Rien ne pouvait faire autant plaisir au jeune garçon, non pas la maladie du patron, que le fait de jouer enfin pour un public, de mettre sa voix sur le mouvement des figurines. Le soir Moncef d’une voix mal assurée donna vie à Karakouz, à son compère Hachiwaz à la bourgeoise à la capeline, à la femme maladroite et empruntée qui essuyait les moqueries des deux compères. Toutes les hésitations et maladresses donnaient corps aux personnages, les rendaient plus fragiles, mais aussi plus ridicules et plus comiques. La soirée se solda par un triomphe, lorsque Moncef sortie du castelet ce fut un tonnerre d’applaudissements. Les jours qui suivirent furent tout autant réussis. Le patron revint quelques jours après, il apprit très vite que Moncef s’était tiré d’affaire. Le soir Moncef reprit son rôle d’apprenti, mais dès les premières phrases la salle protesta vigoureusement : « on veut l’autre, on veut l’autre ! » criait-elle, le patron du café eut beau  expliquer que son aide était encore jeune et inexpérimenté, il n’y eut rien à faire, Moncef passa derrière le castelet et avec sa voix mal assuré et encore plus hésitant que les autres jours mit en scène ses personnages, leur donna vie, les faisant passer tantôt pour des imprudents, d’autres fois pour des maladroits, sa propre maladresse se confondait avec celle de ses figurines et ses erreurs devenaient les erreurs de Karakouz, le public riait de bon cœur, la soirée était avancée ; de loin, le cafetier-marionnettiste lui fit signe d’arrêter, Moncef était grisé, il aurait voulu que ces instants ne s’arrêtent jamais. Pourtant il fallut conclure pour laisser aux spectateurs le temps de devenir des clients du café et consommer.

 Lorsque le dernier client quitta l’établissement  et qu’il fallut terminer le nettoyage du café, pendant qu’il s’affairait, Moncef sentit une main se poser sur son épaule, son patron lui demanda alors de devenir le marionnettiste ; après tout, cela lui donnait plus de temps pour s’occuper des boissons et du service. C’est ainsi que Monsef devint l’un des marionnettistes les plus prisés de la capitale.

 En cette année 1935 les spectacles prenaient une tournure plus politique, les théâtres, les cabarets les spectacles ne manquaient pas d’allusions à la volonté d’indépendance ; un parti nationaliste le néo-destour prônait, un certain desserrement de l’autorité que faisait peser la France, on parlait d’autonomie interne du pays, des négociations furent entreprises entre le gouvernement du front populaire et Bourghiba le nouveau leader du néo-destour. L’échec de ces négociations donna lieu à des révoltes sanglantes réprimées durement. Bourghiba arrêté, fut assigné à résidence en France, tous les spectacles, y compris les  spectacles de marionnettes et de théâtre d’ombre, qui avaient introduit depuis longtemps des dialogues qui moquaient le policier et toute autre forme d’autorité, furent rigoureusement interdits et Karakouz fut considéré comme trop subversif pour poursuivre sa carrière. Celle de Moncef s’arrêta net, désormais il ne lui restait plus que son intelligence et sa très grande habileté à s’exprimer devant un public ; Il fallut se reconvertir et comme certains de ses camarades d’infortune issus de cette Afrique plus méridionale qu’on appelle l’Afrique noire, il devint Boussadia. Moncef traina ainsi son amertume et sa nostalgie, il inventa une danse faite de mouvements saccadés et de gestes suggestifs qui mimaient l’homme qui suffoque, il était le seul Boussadia à exécuter cette danse mystérieuse; tous les spectateurs connaissaient Monsef l’ancien marionnettiste devenu Boussadia et tous lui réclamaient à la fin de son numéro: la danse du diable. 

Partagez cet article !

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir