La peur de ma vie

 

 Moi j’ai connu la peur de ma vie à l’âge de quinze ans.

J’étais en colonie de vacances à Aïn-Draham. Le directeur du camp, Meyer m’a envoyé a Tunis pour faire quelques commissions :

Accompagner un jeune Sfaxien a la gare de Tunis et le mettre dans le train de Sfax.

Acheter un appareil photographique.

Louer deux tentes pour dix personnes chacune.

J’avais terminé ma mission vendredi vers midi et devais me rendre au campement le lendemain en prenant le bus a 5 heures trente à l’aube.

Je n’avais pas de montre et c’était embêtant. Je dormais dans le local du mouvement Dror tout près du marché, du coté de l’avenue de Paris. Je me suis mis au lit m’endormis.

Après une heure de sommeil, je me suis réveillé, levé, sorti, relevant le rideau de fer roulant avec un bruit fracassant, je l’ai refermé et tourné la clef dans le cadenas. Je devais me rendre compte de l’heure qu’il était.

Arrivé au marché, j’ai vu le café encore ouvert, mais je ne savais pas s’il n’avait pas encore fermé ou s’il avait déjà ouvert. Donc l’heure devait être entre minuit et cinq heures. Pour en avoir le cœur net j’ai fait une petite marche jusqu’à l’Avenue de Paris, là j’ai vu l’heure a la devanture d’un horloger : l’heure exacte était minuit trente. Retourné au local Je me suis mis au lit m’endormis.

J’ai dormi encore un certain temps et je me suis réveillé de nouveau. Je me suis levé, sorti, relevant le rideau de fer roulant avec un bruit fracassant, je l’ai refermé et tourné la clef dans le cadenas.

Au marché le café était fermé, donc il n’était pas encore cinq heures. Pour en avoir le cœur net et savoir l’heure exacte je devais...

Mais voila qu’on m’a interpellé. Ce sont deux gars de vingt ans, l’un des deux était un véritable géant.

— Tu as un peu d’argent sur toi ? Nous avons faim, me dit le moins grand des deux.

— Non !

En réalité j’avais un peu de fric, mais je le gardais pour l’autobus.

— Emmène nous chez toi, Nous trouverons bien quelque chose à manger. Mon ami est sorti cet après midi de prison et à part un melon crevé nous n’avons rien mis dans la bouche.

— Je n’habite pas Tunis, je suis chez des amis, fut ma réponse.

— Bon ! allons chez eux ! m’ordonna le géant en m’empoignant par le col de ma chemise.

J’avais peur, mes jambes tremblaient, mon ventre était crispé, je sentais mes fesses se serrer mais ma cervelle travaillait rapidement. Pour gagner du temps j’ai dit :

— Pas question de les déranger !

— C’est un ordre ! s’exclama l’impatient en me poussant.

Faisant mine d’accepter, j’ai fait quelques pas en avant et je me suis retourné d’un seul coup, poussant violemment Le Goliath qui perdit l’équilibre, vu sa grande taille. J’ai décoché un coup de pied dans le genoux du second et j’ai pris la fuite courant à toute vitesse, ayant la peur au cul. J’entendais les pas de ces deux crétins me poursuivant, mais le son se faisait de plus en plus faible.

Je n’ai pas oublié dans ma retraite de jeter un coup d’oeil à la façade de l’horloger et de là j’ai appris qu’il était 2 heures et demi.

A un certain moment j’ai tourné à gauche, puis à droite, m’engoufrant dans un immeuble et fermant la porte derrière moi. J’ai escaladé quelques marches, prêt à frapper à une porte s’il le fallait et demander du secours...

J’ai entendu les pas des deux coureurs de garçon, j’ai attendu encore un quart d’heure et puis je me rendis au local du Dror afin de dormir encore un coup.

Après mon troisième réveil j’ai quitté mon " auberge ", laissant la clef dans un endroit convenu. Nadine L. un membre du mouvement devait venir la prendre pendant la journée.

Je suis arrivé à la station des bus vers 4 heures trente et je m’y installé. Un homme de petite taille vint s’asseoir près de moi.

— Je suis Yudah B. de Pic Ville, Sfax, se présentât-il.

— Enchanté ! Je suis Camus Bouhnik de Moulinville.

— Camus ? Mon frère se nomme Camus.

— Oui, G. Il tient un commerce dans la Rue du Bey. Je connais ta famille et ton fils. J’ai été chez vous faire une quête pour le K.K.L.

— Je vais de ce pas me rendre a Aïn-Draham voir mon fils.

— Alors nous monterons le même bus et je t’accompagnerai jusqu’à la tente de ton fils qui est dans le camp de L’Anoar Atsioni. C’est à cinq cent mètres de notre campement.

Aïn Draham

 

 

Par : Camus Bouhnik

Publié le : dimanche 15 octobre 2006 sur Tunecity

 

Aïn Draham

Aïn Draham

Le dit Yudah B. a remercié Le Ciel cent fois de m’avoir rencontré, une fois pour l’avoir dirigé, une seconde pour lui avoir redonné de l’assurance, une troisième pour l’avoir réveillé sitôt arrivés, une quatrième pour l’avoir conduit dans la montagne dans des sentiers par moi connus, un cinquième parce que je lui ai promis de ne dire à personne à Sfax qu’il a entrepris ce voyage un samedi. Et une quantité de fois encore pour la simple raison d’après lui, que ceux qui me rencontreront auront un Mazel Tov.

Moi j’ai fais mes grâces à Dieu, pour le simple fait que je n’étais plus seul, la nuit et ses frayeurs était passée.

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  • > La peur de ma vie. le 12 juin 2007, par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

"el hamdellah labès" heureusement que tu en es sorti indemne car ces deux voyous, sortis de prison, étaient capables du pire

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  • > La peur de ma vie. le 16 octobre 2006, par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Camus
Ton récit me rappelle une histoire qui m’est arrivée à Sfax.
Quand un cirque était en représentation, c’était un véritable évènement.


Les cirques, à mon époque, se produisaient sur le terrain vague situé devant l’église. Je devais avoir 14 ou 15 ans et je visitais la ménagerie d’un cirque quand je détecte à mes côtés un homme d’une cinquantaine d’année plus occupé à m’observer qu’à regarder les animaux. _ Je n’y prête pas plus d’attention que cela et me déplace vers d’autres animaux... et qui était à nouveau à mes côtés ? Toujours le même bonhomme ne me lâchant pas du regard.
Il m’accompagnait ainsi durant toute la visite sans dire un mot mais en me serrant de plus en plus prêt et sans esquisser la moindre mimique.

Je décide donc de sortir de la ménagerie... mais qui vois-je derrière moi ? Le même bonhomme qui s’est mis à me suivre.
Pris de panique je prends mes jambes à mon cou et me met à courir jusqu’à arriver près d’un immeuble où habitaient, au rez de chaussée, les sœurs de mon beau-frère. Cet immeuble avait la particularité d’avoir 2 entrées parallèles qui communiquaient par une cour intérieure.

Je me réfugie donc dans cet immeuble, sachant qu’au pire je pouvais toujours frapper à la porte d’une des sœurs de mon beau-frère.

Je passe par la cour et observe de l’intérieur la 2ème entrée et qui vois-je passer, dans la rue, devant cette 2ème porte ? Notre bonhomme qui d’un pas alerte essayait de me rattraper.
Il me court encore après ; J’ai poussé le plus grand ouf de soulagement de ma vie.

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    • > La peur de ma vie., le 17 octobre 2006, par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Jo , le cirque dont tu parles , c´était le cirque "BIZARRO", j´avais fait la connaissance du fils du patron , ce garçon s´appelait PINO et était lui-même artiste, il pratiquait la barre parallèle, et à propos une histoire pareille a vécu mon frère , mais heureusement pour lui c´était dans notre quartier et toute notre bande n´était pas très loin , alors imagines-toi ce que ce type a reçu ce jour là , je peux t´affirmer que ce jour nous lui avions fait sa fête .

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      • > La peur de ma vie., le 17 octobre 2006, par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Je ne sais pas si c’était encore le cirque BIZZARO car par la suite nous avons eu droit à toute sorte de cirques avec les noms les plus pompeux dont "Le plus grand cirque du monde" ou un titre de ce goût là.

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        • > La peur de ma vie., le 18 octobre 2006, par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Pour ma part je n’ai qu’un seul souvenir du Cirque BIZARRO. Un jour papa et maman ont décidé de nous prendre au cinéma et au cirque, selon la volonté de chacun.

Maman été du coté de ceux qui voulaient visiter le cirque BIZARRO et moi parmi aussi.

À notre grande déception le cirque a été fermé pour cause de tragédie : le dompteur avait fini dans la gueule du lion un jour avant.

Quelle peur maman !

Ce n’est qu’ont 1983 que j’ai visité enfin le cirque BIZARRO à Beersheba et encore à l’œil par dessus le marché. Oui un jour Camus a décidé de changer son matelas et a reçu gracieusement deux billets pour le cirque. Comme moi et sa fille Shir étions les plus jeunes, c’est nous qui en avons profité.

Mais quelqu’un parmi vous ce souvient-il du cirque Amar ? Pour ceux qui veulent un tout petit peu de nostalgie. Mais gare aux lions, ca risque de faire mal.

http://cirqueamar.free.fr/

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    • > La peur de ma vie., le 17 octobre 2006, par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Heureusement que tout s’est bien passé. Tout est bien qui finit bien.

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  • > La peur de ma vie. le 16 octobre 2006, par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Mon cher Camus tu n´as pas précisé si tu avais un slip et un pantalon de rechange avec toi cette nuit là et si tu les avais utilisés après cette trouille que t´ont foutu ces deux malabars ??

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    • > La peur de ma vie., le 16 octobre 2006, par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Changer de slip n’était pas indispensable, mais j’ai transpiré.

 

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