La ville abandonnée

(Extrait du livre de Roger Macchi  "Le vieil homme et le Gouhl" )
Le passé n’est pas passé et la mémoire est ma demeure.
Je sais que je reviendrai à Sfax pour revoir mes morts.
Mon sang est fidèle, toutefois, la course à la vie a empêché constamment ce voyage.
Aujourd’hui c’est décidé, je retourne à Sfax.
Mais pas trop vite, il me faut du temps, je ne prendrai pas l’avion.
Je prendrai le bateau afin de déguster le temps du retour.

Frayeurs nocturnes

Il y a fort longtemps, âgé d’une douzaine d’années, mon oncle me demanda si cela me ferait plaisir de l’accompagner a une partie de chasse de nuit ?
"bien sur tonton a condition d’avoir l’accord de mes parents".
"J’irais le leur demander" me dit il et c'est ce qu’il fit trois jours plus tard.
Mes parents acceptèrent mais me firent évidemment des recommandations sur les dangers nocturnes que représentait cette partie de chasse au vu de mon jeune âge.

Ficiène sortie en mer

Mon oncle charpentier de marine avait un ami tunisien: Ficiène. Je serai incapable de dire si cette amitié s’est établie après que mon oncle lui construisit un bateau d’environ huit mètres ( dimensions notées avec mon regard d’enfant) ou si elle existait auparavant. Toujours est-il qu’ils se comportaient comme deux frères : entre eux un grand respect et une joie de vivre les animaient.

Le sirocco

(Extrait du livre de Roger Macchi « Le Jardin des délices oubliées » ).
Je me souviens, on aurait dit qu'un violent orage allait éclater, une impression de fournaise, tellement la terre était surchauffée ; puis, lentement la lumière changeait, l'atmosphère devenait irréelle et le ciel prenait des tonalités orange qui nimbaient le paysage. Au loin, les formes devenaient incertaines, la brume déformait la silhouette des palmiers qui semblaient tout à coup flotter sur une mer écumante.